Nematou Koné, une femme déplacée interne qui survit grâce aux décharges Publiques

A l’occasion des festivités de 8 Mars, Journée internationale des femmes autrement dit journée internationale de lutte pour le droit des femmes, la rédaction info360.info s’est intéressée à Nematou Koné, une femme déplacée interne dont la vie tourne autour des bidons et des boites de conserves.

« Le travail même s’il n’arrive pas à sortir l’homme de sa misère, lui garantit au moins sa dignité », dit-on. C’est à la recherche de cette dignité que Nematou Koné, une déplacée vivant sur le site des déplacés de Faladié (marché à bétails), se livre à la collecte des objets usés dans les décharges pour assurer sa survie et celle de son unique garçon sourd-muet.

Depuis 7 heures du matin, elle se dirige vers les décharges et se positionne en attente d’éventuels déchargeurs d’ordures, au milieu des immondices malgré les contraintes sanitaires, sociales et les aléas climatiques. Quelle expédition quotidienne, psychologiquement et physiquement éprouvante ! surtout qu’un sac de 100 kg de bouteilles vides d’eau minérale se vent à 500 fcfa. C’est un travail harassant, mais qui honore son homme, dit-elle en souriant. Outre des bouteilles légères et solides en plastique, des boîtes de canettes, du fer, des plastiques solides sont aussi ramassées et vendues.

Vu que les alentours des décharges sont devenus un centre d’affaires et chacun trouve son compte, la promptitude dans la collecte est de mise. « Il faut être matinal pour que la moisson soit importante ; avec cet argent, j’achète des céréales, des condiments, des médicaments pour nous nourrir et nous soigner au besoin », a déclaré Nematou Koné au reporter de Info360.info. Ici nous recevons des aides alimentaires, mais pas suffisant, ajoute-t-elle. Déplacée à Bamako depuis 2018, Nematou n’espère que sur le retour à la normale pour qu’elle puisse retourner à son village car, elle y pratique d’élevage et mène d’autres activités génératrices de revenu.

L’hivernage s’approche et les maladies les plus fréquentes sur le site en cette période sont le paludisme, la toux, la vaisselle et la rougeole. Malgré l’assistance en médicaments et en soin de santé, le cadre est loin d’être idéal. Car, les déplacés tout comme ceux du site de Faladié (marché à bétails) se trouvent exposés à d’autres problèmes dont l’incendie d’origine inconnue qui a ravagé ledit site, dans l’après-midi du lundi 21 février dernier.

Le feu s’est déclaré, le lundi soir, aux environs de 17 heures, avant d’être maîtrisé par les sapeurs-pompiers vers 22 heures. Selon plusieurs sources sur place, le feu a fait d’importants dégâts matériels. Plus de 102 ménages, principalement des déplacés du centre, ont été touchés par l’incendie.  Heureusement, aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée.

Mamadou Camara/info360.info

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