Autonomisation économique des femmes : La FAC-MR plaide pour un engagement accru des partenaires financiers pour le financement des femmes productrices du Mali
Dans le cadre du mois des droits des femmes, Femme d’Afrique et Culture – Mémorial de Rufisque (FAC-MR) a organisé, ce samedi au CNDIFE, une conférence de grande envergure en faveur de l’autonomisation économique des femmes.
Placée sous le thème national « Accélérer le rythme de l’autonomisation des femmes et des filles, gage d’un développement humain durable », cette rencontre a introduit une approche novatrice : écouter directement les bénéficiaires des activités génératrices de revenus (AGR) afin de mieux orienter les actions et les financements futurs.
Présidée par Mme Théra Awa Keïta, représentante du Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, et animée par Mme Daoulé Diallo Ba, représentant la Présidente de la FAC-MR, cette conférence a réuni un large éventail d’acteurs engagés pour l’émancipation économique des femmes maliennes et sahéliennes.
Une conférence centrée sur la voix des femmes productrices
Loin des discours théoriques, la FAC-MR a privilégié cette année une démarche participative et inclusive en organisant les échanges en Bamanankan, langue nationale du Mali. Cette approche a permis aux femmes productrices des secteurs de la transformation agroalimentaire, la fabrication de savon, le maraîchage et la gestion de centres de santé communautaires, d’exprimer librement leurs réalités, attentes et recommandations pour une autonomisation durable.
Dans son intervention, Mme Daoulé Diallo Ba a souligné l’importance de cette écoute active : « Autrefois, nous parlions à votre place. Aujourd’hui, nous vous donnons la parole pour écouter votre vécu, vos compréhensions, suggestions et attentes. »
Elle a également remercié les institutions partenaires, notamment l’ANPE, dirigée par Ibrahim Ag Nock, qui a soutenu le premier projet financé par la FAC-MR, ainsi que la microfinance Nyèsigiso, pour son partenariat naissant en faveur des femmes entrepreneures.
De son côté, Mme Théra Awa Keïta, au nom de la ministre Mme Diarra Djénéba Sanogo, a salué l’engagement du Président de la Transition, Général Assimi Goïta, en faveur des femmes du Mali et de la Confédération des Pays du Sahel. Elle a rappelé que les femmes productrices, souvent confrontées à des conditions difficiles, sont un moteur essentiel du développement économique : » Vous avez tout le soutien du gouvernement malien à travers le Ministère de la Promotion de la Femme et de l’Enfant. Le thème de l’édition 2025 de la Journée du 8 mars vous est dédié, car vous constituez une des forces économiques de notre pays. » a-t-elle souligné.
Un état des lieux et des recommandations stratégiques
Les débats ont permis de mettre en lumière plusieurs problématiques majeures rencontrées par les femmes entrepreneures, notamment : L’accès limité aux financements adaptés pour développer leurs activités ; le manque de formation et d’accompagnement technique pour renforcer la gestion et la rentabilité de leurs entreprises ; les contraintes juridiques et administratives, notamment en lien avec l’application de la loi 052 sur la représentativité des femmes dans les instances de décision.
À l’issue des échanges, plusieurs recommandations clés ont été formulées par les femmes productrices et seront transmises aux partenaires nationaux et internationaux par la FAC-MR. Entre autres ces recommandations consiste à multiplier les financements ciblés pour les femmes productrices, avec des mécanismes adaptés aux réalités locales, renforcer les capacités des femmes en gestion, marketing et digitalisation pour accroître leur compétitivité, faciliter l’accès aux marchés et aux circuits de distribution pour les produits des femmes entrepreneures et , soutenir l’application effective des lois en faveur de l’égalité économique et de la représentativité des femmes.
Un appel fort aux partenaires financiers
La FAC-MR lance un plaidoyer puissant pour une mobilisation accrue des partenaires financiers et institutionnels afin de soutenir l’entrepreneuriat féminin au Mali et dans la Confédération du Sahel.
Les représentants de l’ANPE et de Nyèsigiso ont félicité les femmes productrices pour leur engagement et leur régularité dans le remboursement des prêts.
L’ANPE va contribuer à la mise en réseautage avec les hôtels de la place, facilitant ainsi l’écoulement des savons et produits d’entretien des femmes productrices, a assuré Moctar Kane Diallo.
Nyèsigiso, en partenariat gagnant-gagnant avec la FAC-MR depuis 5 ans, a réaffirmé son engagement à préfinancer les activités des femmes entrepreneures jusqu’à 20 millions FCFA, a assuré Mme Oumou Touré de Nyèsigiso.
Un impératif de développement durable
L’autonomisation économique des femmes en d’être une question de justice sociale, est un impératif de développement durable.
En investissant dans les activités génératrices de revenus des femmes, nous contribuons à la prospérité de nos communautés, à la stabilité de notre pays et à la résilience du Sahel. Les femmes productrices du jour font la transformation du savon, l’agro-alimentaire, le maraîchage bio…
Connaître pour mieux servir : tel est le credo de la FAC-MR, qui réaffirme son engagement aux côtés des femmes productrices pour un avenir plus inclusif et prospère.
Mamadou Camara, dit Madou’s Info360.info
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