Mali : L’Heure du sursaut national a sonné et nous devons nous tendre la main !
34 ans après la démocratie, 65 ans après l’indépendance.Quel Mali pour demain ?
« Qu’est-ce qui n’a pas marché ? « .Dixit Général d’Armée Assimi GOÏTA,le 26 mars 2025
Le Mali célébrait hier, 26 mars 2025, le 34ᵉ anniversaire de l’avènement de la démocratie, un tournant historique marqué par la chute du régime militaire du Général Moussa Traoré. Ce jour-là, le peuple malien, porté par un vent d’espoir et de changement, croyait en l’avènement d’une ère nouvelle, fondée sur la justice, l’équité et le progrès. Pourtant, plus de trois décennies plus tard, le constat est amer : les mêmes maux persistent, les crises se succèdent et les espoirs d’hier s’effritent.
C’est dans ce contexte que le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, s’est interrogé, lors de la cérémonie de commémoration au Monument des Martyrs : « Qu’est-ce qui n’a pas marché ? » Une question simple mais lourde de sens. Une interrogation qui résonne comme un appel au sursaut national.
Un cycle de crises répétitives : à qui la faute ?
Depuis l’indépendance en 1960, le Mali a connu plusieurs régimes : le socialisme de Modibo Keïta, le régime militaire de Moussa Traoré, la démocratie multipartite instaurée en 1991 et, plus récemment, des périodes de transition militaires censées rectifier les erreurs du passé. Pourtant, malgré ces alternances, le pays semble prisonnier d’un cycle infernal où instabilité politique, jeunesse désorientée et inconsciente, mauvaise gouvernance, corruption, crises sécuritaires, mauvaise communication et effondrement des valeurs citoyennes se succèdent.
Faut-il blâmer les élites politiques, accusées de reproduire sans cesse les mêmes pratiques ? Doit-on pointer du doigt les citoyens à majorité analphabètes, souvent passifs face aux dérives du pouvoir ? Ou est-ce un problème systémique, ancré dans la structure même de l’État et l’éducation nationale ? Pourquoi la majorité des vrais acteurs politiques de l’avènement de 1991 n’étaient pas présents hier à la cérémonie de dépôt de la gerbe de fleurs au monument des Martyrs ?
Que faut-il changer ? Avec qui et comment ?
Si le Mali était une personne, il aurait aujourd’hui 65 ans : un âge où la maturité devrait primer, où l’expérience aurait dû forger une nation forte et stable. Pourtant, le pays semble en perpétuelle recherche de repères. Il ne s’agit plus seulement de changer de dirigeants, mais de transformer en profondeur nos mentalités et nos institutions.
Restaurer un État fort et juste
Le Mali a besoin d’institutions crédibles, où l’État joue pleinement son rôle de garant de la justice et du bien commun. Cela passe par une administration intègre, des services publics efficaces et une lutte sans concession contre la corruption, une éducation du citoyen depuis la maternelle, le sens de l’appartenance à une communauté qui a ses droits et ses devoirs et où chacun aura accès au même titre aux services sociaux de bases.
Refonder le contrat social et politique
Le pays ne peut plus être gouverné par les mêmes dynamiques qui ont montré leurs limites. Il est urgent d’impliquer davantage les citoyens dans la gestion des affaires publiques et de favoriser une nouvelle classe politique, issue du mérite et non du clientélisme. Et pourtant il y a encore des hommes politiques intègres, humbles, patriotes, hommes d’état parmi les hommes politiques de ces 34 derniers années et qui sont issues des classes politiques de 1960 à 1991.
Changer les mentalités pour une citoyenneté responsable
Les Maliens doivent être les premiers artisans du changement qu’ils réclament. Cela passe par une éducation civique renouvelée, une culture du travail et de l’effort, ainsi qu’un rejet collectif des pratiques qui sapent le développement du pays.
Un nouveau Mali, un nouvel espoir
Après 65 ans d’indépendance, 34 ans de démocratie et plusieurs transitions militaires, le Mali est à un tournant. L’histoire a prouvé qu’aucun régime, qu’il soit militaire ou démocratique, n’a jusqu’ici réussi à répondre durablement aux aspirations profondes du peuple.
Alors, quel Mali voulons-nous pour demain ? Un pays où les jeunes peuvent rêver et bâtir leur avenir sans partir en exil ? Une nation où la justice prime sur le népotisme et la corruption ? Un État où le civisme et la responsabilité individuelle deviennent les fondements de notre vivre-ensemble ?
Le Mali ne peut plus se permettre d’attendre. Le sursaut national doit être l’affaire de tous : dirigeants, citoyens, société civile, intellectuels et entrepreneurs. Il ne s’agit plus seulement de critiquer, mais d’agir, de proposer et de bâtir. C’est le prix à payer pour que, dans les prochaines décennies, nous puissions enfin célébrer non pas un autre anniversaire de la démocratie, mais un Mali prospère et en paix.
Vive le rassemblement, vive l’entente, vive la paix pour un Mali unifié.
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