Actualité nationale

Investir dans l’intelligence féminine : Un impératif pour l’autonomisation économique durable au Mali

En cette ère de quête d’un développement durable et inclusif, l’autonomisation des femmes et des filles ne peut plus se limiter à de simples déclarations d’intention. Elle doit se construire, se vivre et se traduire en actes concrets, notamment par un accès massif et soutenu des jeunes filles à l’enseignement supérieur.

C’est dans cet esprit que le Réseau des Femmes Universitaires Enseignantes du Mali (REFUE-MALI) a organisé, le 5 avril 2025, à la Faculté d’Histoire et de Géographie (FHG), une journée scientifique de haut niveau axée sur le thème : « Études supérieures et autonomisation des femmes : une option éclairée pour un développement durable ». Un rendez-vous stratégique qui a donné l’opportunité à des acteurs clés de réfléchir et de proposer des solutions concrètes à cette problématique.

Le contexte est que le mois de mars, consacré aux droits des femmes, offre chaque année une tribune unique pour débattre des avancées et défis relatifs à leur épanouissement. En 2025, le Mali a choisi le thème national « Accélérer le rythme de l’autonomisation des femmes et des filles, gage d’un développement humain durable », en parfaite résonance avec le thème international « Investir en faveur des femmes : accélérer le rythme ».
Cette dynamique cadre avec les statistiques préoccupantes de la scolarisation féminine dans les filières scientifiques. En 2023, seulement 8,21 % des filles du secondaire étaient orientées en séries scientifiques, et dans l’enseignement supérieur, 15,81 % des filles choisissent les filières STIM, contre 21,60 % chez les garçons.

Ce déséquilibre compromet le développement d’une relève féminine outillée pour les défis technologiques, économiques et sociaux du Mali.

L’appel du REFUE-MALI pour agir ensemble pour faire bouger les lignes

À travers cette journée scientifique, le REFUE-MALI, sous la houlette de sa présidente, Dr Anna Traoré, a clairement plaidé pour une mobilisation collective : autorités publiques, universités, société civile, secteur privé, partenaires techniques et financiers, tous doivent conjuguer leurs efforts pour permettre aux filles et femmes d’accéder à des diplômes supérieurs et de devenir des actrices majeures du développement national.

En ce sens, la symbolique forte du geste de Dr Coulibaly Mariam Maïga, ancienne ministre et vice-présidente du REFUE-MALI, mérite d’être saluée. En finançant personnellement deux bourses d’études de Master, l’une en science, l’autre en genre, elle donne un signal fort : l’intelligence féminine mérite d’être accompagnée et valorisée. « Sans autonomisation intellectuelle, il n’y a de développement durable », a-t-elle rappelé avec justesse.

Des débats de haut niveau pour des solutions durables

La journée a réuni un panel prestigieux composé entre autres de Me Soyata Maïga, ancienne présidente de la CADHP, Dr Kadidiatou Bouaré, enseignante-chercheure et cadre du MESRS, et M. Fatamba Sissoko, expert en gouvernance et genre. Les débats ont permis de poser les bases d’une véritable stratégie d’accompagnement des femmes et filles dans l’enseignement supérieur, en mettant en lumière les freins mais aussi les leviers d’action.

Parmi les pistes évoquées :

Créer un fonds national de bourses pour les filles dans les filières STIM et SHS, promouvoir le mécénat universitaire et l’implication des enseignants dans le parrainage académique, mettre en place des plans de carrière adaptés aux femmes dans les domaines stratégiques , assurer une représentation équitable des femmes dans les sphères décisionnelles universitaires, renforcer l’orientation et l’encadrement des filles dès le secondaire.

Une initiative à multiplier et à institutionnaliser

Le parrainage des deux boursières par Dr Coulibaly Mariam Maïga est plus qu’un geste. C’est un acte militant, un modèle de ce que les élites maliennes peuvent faire, à leur niveau, pour construire l’avenir du pays par l’éducation des filles. En inscrivant son action dans la continuité de son engagement passé notamment lors de la 13e Journée Internationale de la Fille en 2024 elle incarne cette conviction que le savoir est un vecteur de transformation sociale profonde.

Mobilisons-nous !

Aujourd’hui plus que jamais, le Mali a besoin de ses femmes et de ses filles pour bâtir une société stable, résiliente et prospère. Le REFUE-MALI, à travers cette journée scientifique, a planté les germes d’une révolution intellectuelle féminine. Mais pour que ces graines germent, il faut l’engagement de tous , principalement le gouvernement, pour inscrire ces initiatives dans la politique nationale de l’éducation et du genre, ensuite les partenaires techniques et financiers, pour soutenir la création de bourses spécifiques et de programmes de mentorat, le secteur privé, pour accueillir ces futures diplômées et reconnaître leurs compétences, la société civile et les familles, pour encourager les filles à viser haut.
Car, comme l’a si bien résumé Me Soyata Maïga :
« Depuis 60 ans, les femmes ne représentent que 10 % du corps des magistrats. Il est temps de changer cette réalité par l’accès aux diplômes supérieurs. »

Un Mali développé est un Mali qui mise sur le savoir de ses filles et REFUE-MALI pour une université plus inclusive, pour un Mali plus équitable.

Madou’s CAMARA info360.info

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