Transition malienne: Il faut restaurer la confiance mutuelle pour mener à des bons ports la mission

Nous pouvons, en ce terme, résumer les propos  de Abdoulaye Diop, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali, sur les antennes de Medi 1 dans un entretien avec  Christophe Godinot.
La rédaction de info360.info a pu se procurer de la vidéo de cet entretien afin de vous livrer quelques extraits notamment sur les thèmes de la sécurité,  les élections et Wagner. Le Mali , est aujourd’hui le centre du monde médiatique où le climat sécuritaire, pourrait constituer un frein à la transition politique en cours au Mali dans l’organisation des élections sur l’ensemble du territoire national. Cette situation sécuritaire en lien avec la transition est un défi important à relever.
Selon le chef de la diplomatie malienne dans cette interview,  la préoccupation numéro 1 des populations maliennes  est la sécurité nationale, qui constitue aujourd’hui une source de grande préoccupation pour les plus hautes autorités de la transition politique. Abordant ce point sécuritaire  » je dois dire que le gouvernement a fait des efforts importants par rapport à l’investissement dans la formation, l’équipement des forces de défense et de sécurité , et les partenariats qu’il faut dessiner par rapport à cela » a assuré le Ministre Diop.
Ces partenariats déjà historiques doivent être  consolidés mais diversifiés.
Sur ce point,  le Ministre Diop n’a pas manqué d’apporter des éclairages sur la question dont faisait allusion son interlocuteur.  « Ce à quoi vous faites référence,  le partenariat avec la Russie en particulier, n’est pas un nouveau partenariat pour qui connaît l’histoire du Mali. La coopération entre le Mali et la Russie est une coopération officielle d’Etat à Etat.
Nous pensons qu’une des premières réponses c’est de renforcer les capacités des forces de défense et de sécurité pour qu’elles puissent jouer leur rôle régalien de protection des personnes et de leurs biens, et ensuite travailler avec nos pays voisins dans le cadre du G5 Sahel ou dans le cadre d’autres mécanismes par exemple le  CEMOC qui est le mécanisme sécuritaire qui nous permet de travailler avec l’Algérie,  la Mauritanie, le Niger.
Donc travailler sur les mécanismes régionaux de renforcement des capacités,  de sécurisation et voire aussi le G5-Sahel est un  cadre approprié, et voire avec les partenaires comme les  français qui sont là dans le cadre de l’opération Barkhane, il y a d’autres forces comme la Minusma pour pouvoir apporter une réponse » a largement expliqué le ministre Diop. La France n’a pas vocation à rester éternellement au Mali « Notre position aussi est la nôtre , nous  comprenons que la sécurité du Mali et des populations maliennes est de notre responsabilité  » a reconnu le ministre Diop.
« Nous devons faire ce qui est nécessaire, mais c’est une crise multidimensionnelle qui a été  importée au Mali et nous apprécions les concours. Ce que nous demandons que ce départ puisse se faire de façon responsable,  en discutant avec les maliens. Dans cette situation sécuritaire extrêmement complexe, il est important pour chacun de travailler pour primo , aider les autorités maliennes à sécuriser ces zones soit de façon autonome, soit avec des partenaires en recrutant par exemple plus de personnel militaire, aussi en termes d’équipements mais à faire également en sorte que dans le cadre l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger où il est prévu un processus de désarmement de démobilisation et de réinsertion qui permet d’intégrer des anciens rebelles aux forces de défense et de sécurité reconstituées ce qui permettra d’avoir des unités combattantes qui sont déployées dans ces zones.
Cela est différent de dire que l’état malien va faire appel à des mercenaires pour combler ces vides .Ce qui est important pour le Mali, notre problème n’est pas Wagner,  notre problème c est comment sécuriser notre pays. Le Mali a besoin de tous ses partenaires pour répondre à ses besoins de sécurisation  du Pays pour mener la transition à bon port  » a t’il expliqué.
S’agissant du calendrier électoral, et de l’impatience des partenaires du Mali
 » il faut stabiliser la situation sur le terrain par ce qu’il y’a beaucoup de localités aujourd’hui, où les élections ne sont pas possibles , s’il n’y a pas des investissements importants, pendant que le gouvernement de transition travaille à sécuriser l’ensemble du territoire national de Kayes jusqu’à Mopti centre du pays où il y a des conflits intercommunautaires qui occasionnent des victimes importantes, l’essentiel du dispositif était censé se concentrer sur le centre et c’est dans ce contexte que le partenaire français a parlé de ce qu’on a appelé la fin de Barkhane , de réadaptation, ensuite de réduction.
Il y a toute sorte de qualificatif. Mais je crois que cette question n’ était pas prévue, ce n’est pas pour remettre en cause, c’est le droit souverain de la France de partir. Aujourd’hui les emprises,  les bases militaires françaises qui étaient à Tessalit et à Kidal, à Gao vont fermer, et cela a commencé. Il y a le risque de créer un vide sécuritaire dans ces zones contrôlées par le JNIM, Alqaïda. Nous devons donc sortir du fétichisme des dates et de  regarder la réalité en face en faisant allusion à une vision essentielle du chef de l’Etat de la Transition,  le Colonel  Assimi Goïta, c’est le terrain qui détermine la mission en termes militaires.
Pour conclure,  le ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, visiblement satisfait de sa visite officielle d’une semaine au Maroc à invité la communauté internationale,  les partenaires et pays amis du Mali , à faire  confiance au génie du malien, qui selon lui est capable de sortir une solution consensuelle et pratique, afin d’éviter de commettre les mêmes erreurs de 2018, qui ont conduit le pays dans cette situation actuelle. Il sera donc judicieux qu’on organise des bonnes élections, cette fois-ci.
M12camara

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