Former ici pour grandir chez nous : Le parrainage national de deux jeunes universitaires, un acte de souveraineté éducative au service du Mali
Dans un contexte mondial où la fuite des cerveaux devient un défi stratégique pour les pays en développement, le Mali a vu émerger une initiative à la fois symbolique et visionnaire.
À l’occasion d’un déjeuner scientifique organisé par le Réseau des Femmes Universitaires Enseignantes du Mali (REFUE-Mali), l’ancienne ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Dr Coulibaly Mariam Maïga, a décidé de parrainer personnellement deux étudiantes maliennes pour leur formation universitaire de niveau Master. Un geste fort, un acte patriotique, qui mérite d’être salué et surtout, reproduit.
Un acte militant pour l’éducation nationale
Par ce soutien financier ciblé, Dr Mariam Maïga, également vice-présidente du REFUE-Mali, montre qu’il est possible de bâtir l’autonomisation féminine par l’excellence locale. En parrainant Dieba dite Dem Magassouba, étudiante en sciences administratives et politiques, et Kadidia Diarra, informaticienne spécialisée en logiciels, elle redonne toute sa valeur à la formation universitaire au Mali. Ce geste ne se limite pas à une simple donation, il s’agit d’un véritable investissement dans le capital humain féminin de notre pays.
« Sans autonomisation intellectuelle, il n’y a pas de développement durable », a-t-elle déclaré, rappelant que la connaissance est l’outil le plus puissant pour transformer une société.
Encadrement national, excellence locale
Autre point à souligner, ces deux jeunes filles sont formées par des enseignants et encadreurs maliens. Cela remet en lumière le potentiel académique de nos universités si peu nombreux soit-il, souvent négligé au profit de coûteuses formations à l’étranger. Trop souvent, nos meilleurs éléments, une fois envoyés en Europe ou en Amérique, ne reviennent plus. Ils servent les puissances formatrices plutôt que leur pays d’origine. Il est urgent de rompre avec cette dynamique.
Une prise de conscience nécessaire
L’exemple du Japon et de la Chine, dont le décollage économique a été précédé par une stratégie éducative claire, envoyer des jeunes se former, puis les faire revenir avec un mandat de transformation nationale doit inspirer le Mali. À l’inverse, les pays occidentaux, notamment les États-Unis, ont mis en place une immigration sélective qui capte les talents africains, accélérant leur propre développement au détriment des pays d’origine.
Il est temps que le Mali inverse la tendance. Soutenir l’éducation locale, c’est assurer à long terme la souveraineté scientifique, technologique et sociale du pays. La fierté de Dieba Magassouba, vice-présidente du Club universitaire anticorruption, et la détermination de Kadidia Diarra, ambitieuse programmeuse, montrent que la jeunesse est prête. Il ne lui manque que les moyens.
Des propositions concrètes pour un changement de paradigme
Institutionnaliser le parrainage national des étudiants méritants par les cadres, anciens ministres, élus, et personnalités du secteur privé. Créer un fonds national pour l’excellence universitaire féminine, piloté par le ministère de l’Enseignement Supérieur en partenariat avec la société civile.Valoriser les enseignants maliens et renforcer les ressources pédagogiques des universités publiques.
Renforcer la sensibilisation autour de la formation locale, avec des campagnes dans les lycées et à travers les médias. Conditionner les bourses étrangères à un retour obligatoire au pays pour une durée minimale d’engagement professionnel.
Un appel aux bonnes volontés
L’acte posé par Dr Coulibaly Mariam Maïga est un signal fort. Il démontre que le changement commence par des gestes concrets, à la portée de tout acteur engagé. Que d’autres personnalités prennent le relais, qu’ils soient de la diaspora, du secteur privé ou des institutions. Le développement durable du Mali ne se fera pas sans une vision collective autour de la souveraineté éducative.
Former ici, par nous, pour nous. C’est ainsi que se construira un Mali fort, où les jeunes, filles comme garçons, deviendront les bâtisseurs d’une nation indépendante, prospère et respectée.
Mamadou Camara Info360.info