Sécurité : Quand les pseudo-spécialistes lient le cas Issa Kaou Djim à la création de l’ANSE

Depuis un certain temps, un article ahurissant sans signature circule sur la toile. Si son émanation reste pour le moment un mystère, son contenu dégage une piste de dénaturation des objectifs de l’agence nationale de la sécurité d’État (ANSE), une structure nouvellement créée et qui est sensée combler les imperfections de l’ancienne Direction Générale de la sécurité d’État( DGSE).

L’initiative salutaire du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, par l’ordonnance N°2021-013/PT-RM du 01 octobre 2021, de créer l’Agence nationale de la Sécurité d’État est vue d’un mauvais œil par une espèce de “spécialistes en tout » dont on ignore les intentions réelles. C’est du moins ce qu’on peut constater à travers un texte intitulé « L’ANSE ou la création de la nouvelle dictature d’Assimi GOITA ».

Alors que selon le décret de la création dont info360info a consulté notamment en son article 3, Cette structure est chargée, entre autres : de mener des recherches et des études de toute nature sur les menaces susceptibles d’affecter ou de porter atteinte à l’intégrité ou à la sécurité du territoire national, à la continuité des institutions de la République et aux intérêts vitaux de l’État ; de développer des stratégies en vue sur les menaces de toute nature, notamment le terrorisme et l’extrémisme violent, l’espionnage, la désinformation ou l’ingérence dans les affaires politiques et stratégiques ; d’anticiper les menaces et les attaques visant les intérêts vitaux de l’État par tous les moyens, y compris les moyens de technologies de l’information et de la communication ; de déceler et neutraliser toute forme de menace provenant des activités d’individus, de groupes d’individus, d’organisations, des zones d’opérations réelles ou potentielles ou des services d’autres pays ; de surveiller des éléments de diversion et de subversion de quelque nature que ce soit, à l’intérieur comme à l’extérieur du territoire national ayant un lien avec le Mali ; d’intervenir pour mettre fin à toute menace grave contre les institutions ou les intérêts vitaux de l’État et conduire leurs auteurs devant les autorités judiciaires compétentes; l’auteur ou les auteurs de ledit texte font croire à une autre option digne de « troglodysme » pour paraphraser le célèbre écrivain Montesquieu.

À en croire le texte, le Président Assimi Goïta se « donne le droit d’arrêter toute personne qui pourrait le déranger pour se maintenir au pouvoir. Et la mise en application est déjà là « Le 26 octobre, Issa Kaou Djim, activiste politique proche du M5-RFP, a été arrêté » soutenant que le 4è vice-président du CNT  a été arrêté  pour avoir critiqué le Premier ministre et l’expulsion d’Hamidou Boly, représentant de la CEDEAO. Selon toujours l’auteur ou les auteurs du texte, l’Article 5 qui stipule que : « les agents de l’Agence nationale de la Sécurité d’État ont droit d’accès à toutes les institutions publiques et privées dans l’exercice de leur fonction. Et qu’« A cet effet, il ne peut leur être refusé l’accès et la communication d’aucun document, dossier, témoignage ou support » serait une couverture permettant à l’exécutif de mettre l’omerta sur l’opinion publique.

Sortons du subjectivisme…

Hormis les auteurs ou l’auteur de cette pourriture, tous les observateurs avertis du climat sociopolitique malien étaient unanimes d’une chose : la nécessaire révision de la Direction générale de la sécurité d’Etat qui faisait l’objet d’une réputation pratiquement sulfureuse dans l’opinion publique. Qui ne se rappelle pas des nombreuses aventures judiciaires qui ont été entravées pour vices de forme par ce que la DGSE s’était donné une mission d’interpellation sans avoir les moyens juridiques ? Quid de l’affaire dite de tentative de déstabilisation de la transition ?

Le Mali a intégré en 2004 au comité intergouvernemental des services de sécurité africains (CISSA) et la désormais ancienne DGSE créée le 1er mai 1989 ne manquait pas des besoins de réadaptation et de conformité aux maints défis persistants surtout avec la fièvre terroriste. A travers cette réorganisation savamment opérée par le Président Goita et les ministères concernés, on peut s’attendre à moins de couacs en lien avec les activités du service de renseignement. Et cela est à saluer mais non à dénaturer !

Seydou Konaté/info360.info

 

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