Société

Sécurité : Vers la réadaptation du mandat de la MINUSMA

Lors de son passage à la tribune des Nations Unies, à New York dans le cadre de la 76 ordinaire session de l’organisation ;le chef du gouvernement  malien Dr Choguel Kokala Maiga avait mis en relief la nécessaire réadaptation du mandat de la mission onusienne au Mali .Cette demande vient d’être reformulée par  la conférence des Chefs d’Etat de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest(CEDEAO) en session extraordinaire le dimanche 07 novembre à Accra ,au Ghana avec comme objectif l’examen de l’évolution de la transition politique encours au Mali et en Guinée.

Au revers des sanctions individuelles contre les autorités de la transition politique du Mali qui vont de l’interdiction de voyager au gel des avoirs ; la CEDEAO fait sur l’aspect sécuritaire le plaidoyer en faveur du Mali et demande la réorganisation de l’approche sécuritaire de l’ONU.

Pour rappel ,la résolution 2100 du 25 avril 2013 établissant la MINUSMA avait considéré que : « la situation au Mali constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales » et avait  décidé, en conséquence, d’agir en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies. Dans son paragraphe 16, la résolution 2100 a fixé comme mandat initial à la MINUSMA, entre autres, « d’appuyer les autorités de transition maliennes, pour stabiliser la situation dans les principales agglomérations, en particulier dans le nord du pays, et, dans ce contexte, écarter les menaces et prendre activement des dispositions afin d’empêcher le retour d’éléments armés dans ces zones ».La résolution 2164 du 25 juin 2014 qui a renouvelé pour la première fois le mandat de la MINUSMA pour un an, a souligné entre ses lignes : « …que le terrorisme ne peut être vaincu qu’à la faveur d’une démarche suivie et globale, fondée sur la participation et la collaboration actives de l’ensemble des États et organismes régionaux et internationaux, visant à contrer, affaiblir et isoler la menace terroriste… ». Et en conséquence, le paragraphe 12 de ladite résolution autorisait « la MINUSMA à utiliser tous les moyens nécessaires pour accomplir son mandat, dans les limites de ses capacités et dans ses zones de déploiement ». Elle lui enjoignait, en particulier, au titre du paragraphe 13 « d’étendre sa présence, notamment grâce à des patrouilles de longue portée, dans la limite de ses capacités, dans le nord du pays, au-delà des principales agglomérations, et en particulier dans les zones où les civils sont en danger ».

En évaluant ce qui est constable sur le terrain huit ans après le déploiement de la MINUSMA qui compte aujourd’hui environ 13 289 militaires, les extraits ci-dessus des résolutions de 2100 (2013) et 2164 (2014) sont d’une évidente et d’une brûlante actualité<<Les populations maliennes sont exaspérées  devant les tueries de masse, les villages rasés de la carte et d’innocents civils fauchés, dont des femmes et des nourrissons souvent brûlés vifs>> déplorait le Premier ministre Choguel KokalaMaïga à la tribunede l’ONU. La réalité atteste.La situation devient de plus en plus préoccupante surtout après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger en 2015 à travers notamment le transport de l’insécurité du Nord au Centre du pays.

La perspective salutaire…

La réorganisation de la mission onusienne en lui donnant un mandat plus offensif, plus robuste fortifiera l’exercice militaire normal contre la menace terroriste. Une option désormais comprise et approuvée par les Chefs d’Etat de la CEDEAO qui affirme dans son communiqué final notamment à travers l’alinéa 12  que « … l’Autorité appelle à un mandat plus robuste et offensif et à renforcer la capacité opérationnelle de la MINUSMA pour faire face aux défis du terrorisme au Mali.  La CEDEAO demandera en conséquence au Conseil de sécurité des Nations Unies d’apporter les modifications nécessaires au mandat de la MINUSMA ».

Cette perspective si atteinte permettra à la politique sécuritaire malienne de combler le vide laissé par la réduction de l’effectif de la Force français barkhane, de décentraliser les approches, d’amoindrir la figuration en boostant la capacité offensive et également de bénéficier des atouts financiers de la résolution.

Seydou Konaté/info.360.info

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