Abattage artisanal de poulets de chair : Une activité incontrôlée à Bamako

Nos assiettes nous tuent et avec notre complicité et la négligence totale de nos services de contrôle sanitaire et d’hygiène publique. Nous sommes à quelques encablures de la Mairie de la Commune VI du District de Bamako,  et plus précisément au niveau des halles de Bamako,  où existe un important négoce de volailles , principalement la volaille issue de l’élevage industriel  » Poulets de Chair ».
Ces poulets de chair mis sur le marché sont en général des poules pondeuses en fin de cycle. L’élevage industriel de la volaille prend de l’ampleur au Mali et surtout dans les environs de la capitale . En plus de la production de œufs qui content chers en ce moment,  ils déversent au quotidien sur le marché local une quantité énorme de poulets de chair . Les conditions de transport,  et d’abattage de ces poulets sont cruels . Notre rédaction d’Info360.info à fait un tour sur les lieux et le constat est très alarmant surtout à l’approche des fêtes d’année.
L’hygiène publique est une volonté politique de haut niveau ayant pour objet de lutter contre les facteurs d’apparition et de propagation des maladies humaines. En quelque sorte une stratégie nationale de préventions. Selon  certaines normes internationales , la consommation de viande de volailles par habitant et par an est estimée à 2kg. Selon les enquêtes de la rédaction d’Info360.info, sur place au niveau des aires d’abattage de poulets de chair situés aux halles de Bamako en dehors du mode d’abattage rituel musulman notamment, il n’existe ni tabous, ni d’interdits pour la consommation de la chair de ce poulet .
« Les poulets sont nettoyés entre 100 et 150 FCFA l’unité. Il est difficile d’estimer les quantités des poulets par jour, issus des abattages non contrôlés, nous , nous venons en ville pour chercher du travail et face à chaque opportunité nous répondons » s’est réjouis cet abatteur artisanal. Les rôtisseurs et les «braiseurs» sont les principaux acquéreurs de cette production avicole vitale de nos jours. Le poulet fumé est aussi une forme de consommation. Il fait l’objet de commerce de proximité et la livraison est faite sur commande ou accessible dans les rayons des grands supérieurs marchés. La transformation de la viande de volaille est une activité peu développée dans la chaîne de valeur de cette catégorie de viande.
Il urge donc pour nos autorités maliennes de bien mieux organiser la filière des viandes de volailles, revoir les circuits de commercialisation, échanger avec les  producteurs industriels,  grossistes, distributeurs, intermédiaires…règlementer enforcer le transport des volailles et rendre accessible les aires d’abattage industriel de volailles car les abattoirs de volailles sont très peu nombreux. Les volailles sont pour l’essentiel abattues sur la place du marché des abatteurs artisans.
Les frais d’abattage qui sont élevés semblent être le principal frein au développement des abattoirs industriels (une chaîne d’abattage moderne, de tunnel de congélation, de chambres froides de stockage et de véhicules frigorifiques pour la distribution), alors que ce secteur d’activité est concurrencé par le poulet congelé importé.  Il faut désormais et régulièrement contrôler tous les abattages de volailles à Bamako. Notre enquêteur du jour, lors de son passage vers les halles de Bamako, où il a pu réaliser cette photographie en illustration,  nous signale qu’il existe des abatteurs artisans et plumeurs qui travaillent dans des conditions hygiéniques assez déplorables et menacent qui la vie des consommateurs.
Que font donc nos autorités compétentes à travers  les  attributions de la Direction des Services Vétérinaires, face à cette problématique qui prend de l’ampleur et qu’il urge de trouver une solution pour protéger la vie des populations et promouvoir une activité saine et durable en tenant compte de l’environnement. Existerait-il au Mali un plan national de prévention des risques pour la santé liés à l’environnement ? Que font nos  inspections sanitaires  des denrées alimentaires d’origine animale  à cet effet ?
Que prévoit le code de la santé publique par rapport aux obligations pénales  sur les propriétaires, les collectivités locales et les exploitants d’activités susceptibles de nuire à la santé publique… Nos assiettes ne doivent pas nous tuer pour une quelconque négligence par  la faute et la négligence de ceux à qui les hautes autorités ont placé toutes leur confiances afin de  protéger la santé publique , promouvoir une bonne hygiène publique et assurer un environnement sain.
La Rédaction d’Info360.info

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